C’était généralement autour du 14 juillet ou du 15 août que chaque année, mes parents et leurs amis organisaient un week-end de 3 jours en montagne. Au programme : randonnée en journée et nuit sous la tente en pleine nature.

randonnee-mercantour-tente

Aussi petite étais-je (j’avais entre 6 et 14 ans), je faisais partie de cette troupe. Les grands m’appelaient « le petit cabris » car j’étais souvent devant, motivant les autres – et j’adorais ce surnom.

Le lieu choisi se trouvait la plupart du temps dans le parc du Mercantour – des lieux toujours splendides! Certains noms résonnent encore dans ma tête : Vallée des Merveilles, Madone de Fenestre

Avant de partir, il fallait tout prévoir pour les 3 jours. La préparation des sacs à dos n’était pas une mince affaire, surtout pour les parents qui devaient porter pas mal de kilos sur le dos…

randonnee-mercantour-sac

Le sac des grands comprenait grosso modo :

  • une tente pour 3-4 personnes (les tentes de l’époque n’avaient rien à voir avec les tentes que l’on peut trouver dans le commerce de nos jours ; elles devaient peser presque 10 kilos) – c’était en général les hommes qui se la coltinaient…
  • un sac de couchage
  • la nourriture
  • une gourde
  • du vin (et oui, le vin chaud était très apprécié en fin de journée)
  • des vêtements chauds (les nuits sont fraiches)

Bien sûr, les enfants préparaient aussi leur sac à dos, il était bien sûr plus léger, mais nous portions quand même toutes nos affaires : sac de couchage, vêtements chauds, k-way (ah les beaux k-way des années 80 qu’on portait autour de la taille!!! #Nostalgie) et notre gourde, et même pas nous râlions.

randonnee-mercantour-enfant

La troupe était composée en moyenne d’une dizaine de personnes. Nous garions les voitures au village qui était notre point de départ (Casterino, Saint Etienne de Tinée, Saint Martin Vésubie…). Après quelques petites courses aux épiceries locales pour faire un petit ravitaillement de nourriture pour les midis, nous voilà partis pour 3 jours d’évasion totale.

randonnee-mercantour-chemin

En général le premier jour, c’était la montée, dur dur pour les jambes à peine échauffées, mais personne ne se plaignait. Le soleil était toujours au rendez-vous et nous carburions aux fruits secs, ce qui nous donnait une sacrée dose d’énergie (Miam ! Un vrai délice, mes préférés c’étaient les bananes et les abricots). En montant nous admirions les paysages, les uns plus magnifiques que les autres, cela allait des grandes étendues vertes aux rochers abruptes, en passant par des lacs de toutes tailles. Le long du chemin, les cours d’eau et cascades nous permettaient de remplir nos gourdes en plus d’émerveiller nos yeux. Les parents nous disaient toujours de faire attention de ne pas en prendre lorsque nous étions en-dessous d’un troupeau, (histoire que notre eau ne soit pas arrosée au jus de vache)…
Qu’est-ce que c’était calme!! Toutefois il arrivait que le silence soit interrompu un instant par des éclats de rire faisant écho à une petite blague.

randonnee-mercantour-pierres

randonnee-mercantour-cascade

Parfois nous croisions d’autres randonneurs, mais il n’y avait pas foule. Nous aurions pu croire que nous avions la montagne pour nous.

randonnee-mercantour-montagne

En fin d’après-midi, après plusieurs heures de marche, nous arrivions à l’endroit où nous allions planter les tentes. Nous choisissions, quand nous le pouvions, un endroit plat et proche d’un lac ou d’une rivière pour plus de commodités. Il arrivait très souvent, surtout en Août, que ce soit pile à ce moment-là, au moment où l’on posait bagage, que la pluie arrivait. Attention, ce n’était pas des gouttes toutes fines qui nous humidifiaient à peine le dessus de la tête, c’était les grosses gouttes qui tombaient comme des pics et qui nous trempaient jusqu’aux os en moins d’1 minute (mais heureusement nous avions nos superbes k-way !). Évidemment nous n’avions pas encore eu le temps de monter la tente… C’est dans ces moments que l’on se rend compte que lorsqu’on est VRAIMENT motivés on peut tout réussir en un temps record – les tentes étaient montés en 2 temps 3 mouvements (pourtant ce n’était vraiment pas aussi simple que les tentes actuelles), et nous voilà à l’abri le temps que l’orage se calme. Bizarrement cela fait partie de mes meilleurs souvenirs… En général la pluie se calmait au moment du repas. Nous profitions alors des dernières gouttes de pluie pour remplir la casserole qui allait nous servir pour cuire les pâtes. C’était autour de ce repas simple et convivial que nous reposions nos jambes qui allaient à nouveau être sollicitées le lendemain.

Je ne me rappelle plus de ce que nous pouvions nous raconter, mais il y avait une ambiance tellement agréable et bonne enfant que peu importe les choses qui se disaient (d’ailleurs, il y avait sûrement beaucoup de bêtises), je garde en mémoire la joie, les sourires, les rigolades. C’était comme si tous les maux se taisaient pour laisser place à un pur moment de bonheur. Et comme par enchantement, mon frère, qui m’embêtait toujours lorsque j’étais petite (son jeu favori : me faire râler), semblait faire une trêve car il ne me titillait jamais durant ces 3 jours.

La sérénité était à son comble. Au milieu des montagnes sombres et majestueuses, à l’écoute du moindre bruit, nous contemplions l’immensité de la voûte étoilée qui nous faisait nous sentir si petits et si grands à la fois. Et nous nous laissions tomber dans les bras de Morphée… Douce nuit ! Zzzzzz…………..

Après une bonne nuit de sommeil, c’est avec un large sourire que tout le monde se levait aux aurores. A cette heure-là, il y avait de fortes chances d’apercevoir des bouquetins.

randonnee-mercantour-bouquetin

Pour commencer la journée, un bon petit déjeuner était de rigueur. Pour ma part, je prenais des berlingots de lait sucré concentré (qu’est-ce que j’aimais ça !). Un brin de toilette minimaliste, petite vaisselle dans le lac ou la rivière (outch ! l’eau était super froide), nous remballions les tentes ainsi que toutes nos affaires, et nous voilà repartis pour une nouvelle journée de marche.

randonnee-mercantour-autour-lac

Ce deuxième jour était consacré à l’exploration des environs. Cela nous permettait aussi de monter plus haut en montagne et de profiter de nouveaux paysages, parfois différents mais toujours époustouflants.

randonnee-mercantour-lacs

randonnee-mercantour-lac

Parfois il restait encore de la neige de l’hiver…

randonnee-mercantour-neige

Nous croisions aussi divers autochtones à 4 pattes. Nous entendions les cris de certains avertissant leurs congénères que des étrangers passaient par là – un cri qui résonnait dans toute la montagne.

randonnee-mercantour-hermine

(Non, le cri dont je parle n’était pas émise par cette petite martre, mais par les marmottes).

randonnee-mercantour-mouton

Le soir, rebelote : montage de la tente, repas tous ensemble, bonne humeur, rigolades et sommeil réparateur…

Le troisième jour, il était temps de redescendre doucement. Nous remballions à nouveau nos affaires et redescendions vers le village où nous avions laissé les voitures 2 jours plus tôt. La descente ne sollicitait pas les mêmes parties du corps, et c’était plutôt le dos et les genoux qui prenaient cher, mais qu’est-ce que c’était rigolo de trottiner en descente !

Arrivés aux voitures, le sentiment que j’éprouvais était bizarre, c’était entre joie d’être enfin arrivée (car les jambes fatiguaient quand même un peu) et pincement au cœur que ce soit déjà terminé. (#Dilemme du comment rester joyeux lorsque des instants agréables se terminent…)

Mais une fois arrivés aux voitures, nous ne nous séparions pas tous comme ça, non non non, nous nous réunissions une dernière fois chez l’un des joyeux lurons, nous sortions les restes de nourriture, et pas de gâchis nous finissions tout. C’était aussi l’occasion de partager un dernier moment tous ensemble.

Et c’est ainsi que se clôturaient nos 3 jours rando-dodo… dans la joie et la bonne humeur.

Les photos ne sont pas de moi, ce sont celles de mes parents. Merci à eux de me les avoir partagées. 🙂

Je voudrais dédier cet article à tous ceux qui, un jour, ont fait partie de cette petite « troupe » et ont participé à ces merveilleux moments qui sont ancrés à tout jamais dans ma mémoire: Papa, Maman, Fabien, Dédé, Mireille, Thomas, Edwina, Valérie, Lucien, Rose-Marie, Bichon, Marie-Suzanne, Christiane, Bernadette, Daniel, Maddy, Claude…