Tristesse, joie, honte, indécision, fierté, mépris, incompréhension… Et la liste est encore bien longue… Tous ces mots désignent une émotion. Vous en avez sûrement déjà ressenties quelques unes de cette liste. Certaines probablement plus que d’autres… Elles se font ressentir tous les jours avec plus ou moins d’intensité. Mais vous êtes-vous déjà demandé : À quoi servent nos émotions ?

Qu'est-ce qu'une émotion ?

Une émotion est une réaction physiologique, transitoire à un stimulus. Nous voyons plus en détails ce qu’est ce stimulus dans l’article Comment nos pensées influencent la réalité. Une émotion provoque des sensations physiques, telles que des frissons, des bouffées de chaleurs, une accélération des battements du cœur, etc… selon l’émotion vécue. Cela peut durer plus ou moins longtemps selon le stimulus, toutefois l’émotion est éphémère.

De nos jours, les émotions pourraient paraître superflues et pour certaines invalidantes. À quoi bon être en colère ou avoir peur, si ce n’est pour nous attirer des ennuis ou nous faire ressentir des sensations désagréables ??
Toutefois, les émotions ont un rôle très important…

Les émotions : il y a fort fort longtemps !

Faisons un petit retour en arrière…

Au temps de la préhistoire, les Hommes n’avaient pas autant de distraction que nous, et leur préoccupation principale était bien claire : rester en vie. Et face à une bête féroce qui menaçait de les transformer en tartines, il valait mieux être très réactif…
L’Homme préhistorique devait donc réagir au quart de tour avec l’attitude la plus adaptée. Pour cela, ils pouvaient compter sur leur cerveau. Grâce à lui, l’information est envoyée et redistribuée au corps en activant les muscles, organes … nécessaires pour que notre corps soit prêt à réagir face à la situation rencontrée.

Ce sont toutes ces activations que l’on ressent comme des sensations physiques.

Les émotions universelles de base

Il y a 6 émotions universelles de base. “De base” car c’est à partir d’elles que toutes les autres sont dérivées. “Universelles” car pour toutes les civilisations, elles se manifestent de la même façon dans le corps (peu importe le continent, la culture, la façon de vivre…).

Les 4 principales sont la peur, la colère, la tristesse et la joie. Viennent ensuite le dégout et la surprise. Certains ajoutent le mépris qui porte cette liste à 7.

Pour mieux comprendre nos émotions, il faut connaître leur objectif :

  1. La peur : elle émane d’un danger. Elle se manifeste dans le corps, entre autres, par l’accélération du rythme cardiaque et par la pâleur du visage. Le sang circule plus vite afin que l’oxygène soit distribué rapidement au cœur et aux membres inférieurs pour optimiser la fuite. Le visage recevant moins de sang, il blanchit. Dans certains cas, la peur peut aussi tétaniser le sujet afin qu’il reste immobile et ne se fasse pas repérer par l’ennemi.
  2. La colère : elle se déclenche face à un obstacle. Comme pour la peur, il y a nécessité d’agir vite pour enrayer une situation. Le sang va circuler plus vite, mais cette fois principalement dans la partie supérieure du corps qui se prépare à se battre.
  3. La tristesse : elle fait suite à un manque. Les muscles sont complètement relâchés, mous. Notre corps manifeste aux autres un besoin d’être supporté. Les larmes permettent de relâcher les hormones du stress.
  4. La joie : c’est l’émotion à laquelle le cerveau essaye de revenir dès que possible. L’Homme étant un être social, il a besoin d’un groupe pour survivre. La joie facilite l’intégration de l’individu et pérennise sa relation avec les autres membres du groupe.
  5. Le dégoût : il manifeste un rejet. Il a pour but de nous éviter de consommer un produit nocif. Le nez se fronce, les lèvres supérieures se retroussent, la respiration se ralentit pour bloquer l’inhalation et les nausées se font sentir.
  6. La surprise : c’est l’émotion associée à l’inconnu. Le cerveau ne connaît pas cette situation. Il a besoin de temps pour analyser ce qu’il se passe et ainsi choisir la réaction la plus adéquate. Les yeux s’ouvrent, tout comme la bouche… tous les sens sont activés afin de mieux percevoir l’environnement.
  7. Le mépris : correspond au besoin de s’affirmer. C’est une septième émotion, qui ne fait pas toujours partie des émotions universelles de base. Pour ma part, je pense qu’elle est arrivée plus tard que les autres, lorsque les Hommes ont commencé à se côtoyer et à former des groupes, et qu’elle avait pour but d’asseoir la position de l’individu et de permettre l’établissement d’un “chef” pour guider le groupe. C’est pourquoi le mépris fait regarder l’autre de haut; le corps se redresse, les épaules s’ouvrent, tout est fait pour paraître plus imposant/supérieur.

Ayant vu brièvement chacune des émotions de base, on comprend que les émotions ont donc un but bien précis : nous faire réagir. Notre cerveau nous signale que nous devons faire quelque chose. Nos émotions sont nos guides intérieurs, un peu comme des panneaux de circulation.

À quoi servent les émotions de nos jours ?

Nous ne sommes plus soumis au danger, tel que l’Homme préhistorique l’était. Le but de notre cerveau est toujours de nous maintenir en vie, mais les situations extérieures ont pas mal évoluées depuis la découverte du feu… Plus trop de risque de rencontrer un animal féroce sur notre chemin dès que nous sortons de notre habitat (quoique certains individus pourraient s’apparenter à des animaux féroces, mais bon, passons…). Cependant, nous avons bien gardé l’héritage des émotions, même si celles-ci se sont adaptées à notre environnement. Il est fort peu probable que l’Homme préhistorique vive une émotion intense de peur s’il devait parler en public, alors que de nos jours, c’est chose commune. Mais comme nous l’avons vu avec notre aïeul, l’émotion est directement liée à un besoin vital. Il est donc important de comprendre quel besoin se cache derrière chaque émotion. Et puisque notre cerveau nous guide au travers de nos émotions, autant commencer à les écouter afin d’être un peu plus “en vie” chaque jour.

Comprendre ses émotions

Notre cerveau met notre corps en mouvement pour réagir face à une situation. Grâce à ce que nous ressentons dans notre corps, nous pouvons connaître les messages qu’il nous envoie. Il suffit donc de se questionner autour du mot-clé associé à l’émotion, vu dans le paragraphe sur les émotions universelles de base. Par exemple :

→ Si je vis une émotion de colère, contre quoi (quel obstacle) dois-je me battre ?

→ Une émotion de peur ? Devant quoi est-ce que je veux fuir ?

→ De la tristesse ? Qu’est-ce qui me manque ?

→ Un dégoût ? Qu’est-ce qui est nocif (pas acceptable) pour moi dans la situation que je rencontre ?

Quelles sont les émotions que vous ressentez le plus souvent et que vous avez du mal à vivre ? Si vous avez des difficultés à mettre des mots dessus, je vous conseille de faire un flot de pensées. Ça vous aidera à y identifier ce qu’il se passe à l’intérieur de vous…

👉🏼 Pour aller plus loin : Comment changer une pensée. Eh oui, car “spoiler alert”, le stimulus dont je parlais en tout début de cet article, ce sont nos pensées…  😉