La crise de la quarantaine fait souvent parler d’elle lorsque le nombre 40 pointe le bout de son nez. Mais que se cache-t-il vraiment derrière cette crise existentielle qui semble affecter certains quadragénaires ? Excuse à des comportements excessifs, mythe ou réel mal-être ? Le passage des 40 ans est-il forcément synonyme de remise en question ?

La crise de la quarantaine, c'est quoi ?

À l’aube de leur quarantième anniversaire, certaines personnes peuvent ressentir un mal-être, remettre en question qui ils sont, ainsi que leur parcours de vie… En proie aux doutes et aux interrogations, les émotions vont bon train. Légères ou plus importantes selon les individus, elles jalonnent le quotidien.

Pourquoi le passage des 40 ans est un cap difficile à franchir pour certains ?

Avec une espérance de vie d’environ 80 ans en France, pas besoin d’être fort en maths pour savoir que le nombre 40 se place exactement à la moitié. Plus ou moins consciemment, l’être humain réalise qu’il est à mi-chemin entre le début et la fin de sa vie. Il ressent le temps qui passe, qui lui file entre les doigts. Incapable de l’arrêter, il se sent impuissant.

Elliot Jaques est le psychanalyste à l’origine du terme « crise de la quarantaine ». Pour lui, cette étape de vie correspond à la prise de conscience de notre propre mortalité.

Il n’est donc pas étonnant d’être amené à se questionner sur son existence lorsque 40 bougies surplombent notre gâteau d’anniversaire. Qu’ai-je fait jusque-là ? Ai-je réalisé ce qui me tenait à cœur ? Suis-je la personne que je voulais être ? Ces interrogations initient une quête de sens et marquent le commencement d’une sagesse grandissante. 40 ans est d’ailleurs considéré comme l’âge mûr.

Le milieu de vie est le moment de faire le point sur le temps passé, les accomplissements, les années restantes et les rêves inassouvis.

Si les projets et les réalisations sont trop éloignés, c’est un coup dur qui peut être difficile à encaisser. Le regret du temps passé, la sensation de temps perdu et le désir de retour à la jeunesse amorcent une crise de milieu de vie pour certaines personnes.

La crise de la quarantaine : le cap des 40 ans difficile à franchir

Qui est affecté par le cap de la quarantaine ?

Tout le monde ne vit pas le passage des 40 ans de la même façon. Certaines prédispositions peuvent rendre cette phase plus chaotique.

Les personnes qui ont tendance à avoir un état dépressif sont plus susceptibles de mal vivre cette étape. Celles dont les rêves et les réalisations sont en total dysharmonie sont aussi beaucoup plus affectées.

Quelqu’un qui relativise facilement et a un tempérament plutôt optimiste aura plus de facilité à passer cette période de remise en question avec sérénité.

Toutefois, on ne peut pas faire de généralité. Chaque personnalité étant différente, chacun vit les événements avec son propre système de pensées.

Les domaines impactés par la crise de milieu de vie

Chez l’homme d’âge moyen, la remise en question s’exprime plutôt sur :

  • Le plan professionnel. Ai-je choisi le bon emploi ? Puis-je évoluer dans mon poste ? Suis-je reconnu dans mon activité ? Dans une société où l’homme doit réussir professionnellement et subvenir aux besoins de sa famille, il n’est pas étonnant qu’il veuille s’accomplir dans son travail.
  • L’aspect matériel et financier. Est-ce que je possède ce dont j’ai toujours rêvé ? Une belle voiture, une moto, un bateau, une maison…
  • Le besoin de séduction. En avançant dans les années, l’homme veut se rassurer quant à sa capacité à plaire.

Chez la femme d’âge mûr, les doutes se tournent vers :

  • L’horloge biologique. Les possibilités de procréer diminuent avec l’âge. Le stress de ne pas réussir à donner la vie augmente, d’autant plus à l’approche de la quarantaine. Le temps qu’il reste jusqu’à la ménopause se réduit et est synonyme pour beaucoup de femmes de date de péremption.
  • L’aspect physique. La femme, souvent jugée sur son apparence, ressent la peur de vieillir, de ne plus être aussi séduisante qu’elle a pu l’être.
  • Sa place dans la société. Les enfants grandissent, les plus grands deviennent complètement autonomes, certains commencent à partir de la maison. Ce chamboulement dans une vie bien rodée vient la perturber. Elle s’interroge sur sa place en tant que femme et non plus en tant que mère ou épouse.

Il est courant de faire des distinctions entre les hommes et les femmes, mais bien évidemment, ce sont des généralités qu’il est bon d’adapter à chacun. Il serait d’ailleurs plus juste de parler d’énergie yin et yang plutôt que d’homme et de femme (sauf pour l’horloge biologique 😉). En effet, les femmes avec une énergie yin dominante auront, par exemple, davantage besoin de reconnaissance professionnelle.

Si cette remise en question peut être bienvenue, elle entraîne avec elle son lot d’émotions plus ou moins agréables. Stress, angoisse et tristesse mal gérés peuvent aboutir à une dépression.

Mieux vaut donc guetter les signes avant-coureurs pour éviter de sombrer dans une crise qui fera plus de mal que de bien.

Les symptômes et conséquences de cette crise existentielle

Il arrive qu’après une période de remise en question et de doutes, le besoin de changement génère de l’euphorie, de l’excitation pour un renouveau. Motivé par une reconversion professionnelle ou un rêve qui prend forme, la morosité laisse place à l’enthousiasme.

D’autres fois, la sensation de s’être trompé, de ne pas avoir osé ou de ne pas avoir opté pour les bons choix fait agir de façon disproportionnée. C’est à partir du moment où l’on n’a pas su s’écouter suffisamment que l’on peut être amené à claquer la porte un peu trop fort sur ce qui ne nous convient pas. Les décisions prises sur un coup de tête, sans réelle réflexion, sont parfois source de regrets : une séparation, un gros achat, un comportement à risque…

Parfois, l’étape de mi-parcours de vie entraîne des agissements qui perturbent l’entourage. Les proches ne comprennent pas toujours ce qu’il se passe, pourquoi la personne aimée remet toute sa vie en question. Le conjoint peut se sentir rejeté, perdu.

Pour quelques-uns, une dépression se profile à l’approche des 40 ans. Un cercle vicieux se met en place : je ne me sens pas bien, ma vie ne me convient pas, je me sens démuni, je n’agis pas et donc je ne me sens pas bien, ma vie ne me convient pas, etc.

Voici quelques signes pouvant indiquer qu’une crise de la quarantaine n’est pas loin :

  • passivité, lassitude, enfermement, repli sur soi, dépression ;
  • changements radicaux (d’apparence, d’amis, de façon de s’exprimer), comportements excessifs ;
  • forte irritabilité.

Alors la crise des 40 ans, mythe ou réalité ?

Crise de la quarantaine : mythe ou réalité ?

Dans le terme « crise », il y a la notion de gravité. C’est un malaise profond, soudain et violent suite à un changement d’état (nerveux ou psychologique). Certains peuvent vivre cette crise identitaire comme un vrai coup dur. Toutefois, d’autres ne la vivent pas comme une étape difficile, mais comme l’opportunité de reprendre le contrôle sur leur vie.

Ce qui est certain, c’est qu’il y a des moments où les événements extérieurs et l’évolution de notre fond intérieur déclenchent des prises de conscience. Ce qui nous amène à nous reconnecter à nos désirs, nos aspirations et nos valeurs.

D’autre part, l’âge de cette remise en question varie selon les individus. Si pour certains, elle apparaît à 30 ans, d’autres ne la vivront qu’à 50, voire même jamais. Du moins, ils ne la subiront pas comme une crise existentielle, mais la verront plutôt comme une introspection positive.

Tout le monde ne fera donc pas forcément une crise à 40 ans !

Si toutefois vous en traversez une, le prochain article vous livrera des conseils pour réussir à traverser cette crise de la quarantaine et à en sortir. En attendant, je vous invite à jeter un œil à l’article : mieux accepter le changement.

Ma grand-mère avait l’habitude de dire que la vie commence à 60 ans (#TinoRossi), alors finalement à 40 ans il nous reste encore de nombreux jours riches en sagesse devant nous, non ? 😉

Quant à Victor Hugo, il disait : « Quarante ans, c’est la vieillesse de la jeunesse, mais cinquante ans, c’est la jeunesse de la vieillesse ».